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Titre: L’islamo-gauchisme existe-t-il? Si oui, menace-t-il les Juifs? (12 mars, 2021)

 

Articles Suggérés

Pierre -André Taguieff: “Aujourd’hui, il faudrait  Parler d’isamo- décolonialisme  Tribune Juive, 6 mars 2021

Accord Islamo-gauchisme et université: quand les  crient à la censure

Valérie Toranian

revuedesdeuxmondes.fr, FÉV 22, 2021

 

Aperçu de l’actualité

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Citation de la semaine: 
« Il est extrêmement important de considérer le Hamas et le Hezbollah comme des mouvements sociaux progressistes, qui se situent à gauche et font partie d’une gauche mondiale. »
Judith Butler

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Pierre-André Taguieff : “Aujourd’hui, il faudrait parler d’islamo-décolonialisme”

 Tribune Juive, 6 mars 2021

Pour Les Influences, L’Agence de Presse des Idées, Emmanuel Lemieux a rencontré Pierre-André Taguieff, et pour cause! C’est par ce philosophe et historien des idées que les polémiques ont démarré il y a quelques semaines : Pierre-André Taguieff avait forgé, en 2000, le concept d’islamo-gauchisme, repris à son compte par la ministre de l’Enseignement supérieur qui y voit une emprise dangereuse sur les sciences sociales à l’université et dans la recherche.

Dans cet entretien, il retrace la biographie de son idée, de ses transformations et pointe les dérives de l’extrême gauche mais aussi des anti islamo-gauchistes.

Pierre-André Taguieff persiste et signe. Il sortira le 17 mars prochain, Liaisons dangereuses : islamo-nazisme, islamo-gauchisme chez Hermann Editeurs.

Islamo-gauchisme… À 74 ans, le directeur de recherches voit l’une de ses notions (le national-populisme, c’est lui aussi) faire le tour du monde, le New York Times  l’a interviewé avec des pincettes sur le sujet, une communauté d’universitaires et de chercheurs le déteste quand elle ne feint pas d’ignorer ses travaux ou ne l’accuse pas de connivence aveugle avec le Likoud ou encore de caricaturer à gros traits polémiques et flous des réalités plus complexes.

L’islamo-gauchisme, tout le monde en parle depuis quelques jours, et a tendance à mettre ce qu’il veut sur cette pâte à pizza élastique. Taguieff, qui est un Gargantua des concepts, dénombre, dans l’entretien accordé aux Influences, cinq versions qu’il estime « fallacieuses ».

Depuis quarante ans, il n’a de cesse de parcourir avec précision et gourmandise, les textes de l’antisémitisme, de l’eugénisme, des racismes, du complotisme, de la xénophobie, des nationalismes et des populismes, de débusquer les « prêcheurs de haine » les plus improbables, de visiter les foyers d’idées radicales et leurs auteurs. Chercheur obstiné, il s’approche au plus près de ces volcans qui organisent la face sombre de la société. « Mauvais client » des médias, car trop dense, mais volontiers polémiste (on n’a pas fréquenté les situs pour des prunes), il participe activement, s’il ne les suscite, à des tribunes dénonçant les influences islamistes, antisémites, décoloniales à l’université et dans la recherche. « L’époque est sombre, nous dit-il, mais pour un chercheur, elle est aussi passionnante dans cette incertitude des idées, ces mutations idéologiques totalement imprévisibles dans leur combinaison. » L’islamo-gauchisme en serait une mutation saisissante parmi d’autres à venir.

Comment en êtes-vous arrivé, il y a une vingtaine d’années, à introduire le terme « islamo-gauchisme » et comment l’avez-vous défini ?
Pierre-André Taguieff :  J’ai forgé l’expression « islamo-gauchisme » au tout début des années 2000 pour désigner une alliance militante de fait entre des milieux islamistes et des milieux d’extrême gauche (que j’ai qualifiés de « gauchistes » pour faire court), au nom de la cause palestinienne, érigée en nouvelle grande cause révolutionnaire. J’avais publié sous ma direction, en 1999, un gros livre intitulé L’Antisémitisme de plume 1940-1944 (Berg International), et mes intérêts de chercheur se portaient alors sur les nouvelles formes d’antisémitisme ou de ce que j’avais appelé dans les années 1980 la « nouvelle judéophobie ». Mais je m’interrogeais parallèlement, en citoyen français, sur le devenir de la gauche et plus particulièrement de l’extrême gauche, que je connaissais de l’intérieur depuis longtemps. Plus précisément, j’ai forgé le terme et défini le concept d’islamo-gauchisme alors que commençait la seconde Intifada qui, lancée le 29 septembre 2000, a suscité la grande vague antijuive à motif antisioniste, et qui est encore aujourd’hui observable, comme je le montre notamment dans mon livre paru en 2018, Judéophobie, la dernière vague (Fayard). C’est donc au croisement de mes interrogations sur l’évolution des extrêmes gauches et de mes recherches sur la nouvelle judéophobie que j’ai découvert l’islamo-gauchisme.  

C’est entre l’automne 2000 et l’automne 2001 que j’ai pris pour objet d’étude et de réflexion ce phénomène à la fois politique et culturel aux dimensions mondiales. Le contexte international était marqué d’abord par la catastrophique conférence de Durban contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance (2-9 septembre 2001), qui fut un festival de haine antijuive centrée sur la diabolisation du « sionisme » par des centaines d’ONG pro-palestiniennes, ensuite par les attentats du 11-Septembre, commis par une organisation jihadiste, Al-Qaida, dont l’objectif déclaré était de combattre la « coalition judéo-croisée » ou l’« alliance sioniste-croisée ». La fameuse déclaration fondatrice, publiée le 23 février 1998, du « Front islamique mondial pour le jihad contre les Juifs et les Croisés » m’avait paru marquer l’entrée dans une nouvelle phase de l’islamisme radical, caractérisée notamment par la désignation des Juifs comme incarnant l’ennemi absolu. En outre, j’observais que les thèmes du « complot sioniste mondial » et de l’« axe américano-sioniste » se diffusaient en dehors des diverses mouvances islamistes, pour imprégner la rhétorique des gauches radicales, anticapitalistes, anti-impérialistes et antisionistes, qui, après la chute de l’empire soviétique, s’efforçaient de réinventer l’utopie révolutionnaire à travers l’altermondialisme, qu’on pouvait analyser comme une forme de néo-communisme, où se rencontraient trotskistes et communistes orthodoxes désorientés. L’ennemi était le même pour le islamistes et pour les nouveaux gauchistes, mais il ne portait pas le même nom : les premiers désignaient « les Juifs », les seconds « les sionistes ». Il y avait là une esquisse de ce que j’allais baptiser « islamo-gauchisme » en 2001-2002. 

« J’ai assez répété que j’étais un homme de dialogue, contre toute violence, sauf en Palestine. » Tariq Ramadan

On a assisté à la formation d’une configuration islamo-altermondialiste au cours des années 1990 et au début des années 2000. Depuis la fin des années 1990, Tariq Ramadan, invité à tous les Forums sociaux européens, avait compris qu’il pouvait exploiter l’anticapitalisme supposé partagé par les islamistes et les altermondialistes marxisants. Dans sa contribution à l’ouvrage collectif intitulé Les Musulmans face à la mondialisation libérale : quelles résistances pour une justice globale ? (2003), Ramadan esquisse un programme islamo-altermondialiste :

« Les enseignements islamiques sont intrinsèquement en opposition avec les fondements et la logique du système capitaliste néo-libéral et les musulmans qui vivent dans la tête du système ont la responsabilité supérieure de proposer, avec tous ceux qui travaillent dans le même sens, des solutions pour en sortir et permettre une économie plus juste et un commerce plus équitable. »

En 2004, le Frère musulman altermondialiste Ramadan expose à un journaliste sa position résolument non modérée sur le conflit israélo-palestinien : « J’ai assez répété que j’étais un homme de dialogue, contre toute violence, sauf en Palestine », manière d’assumer les actions terroristes contre les Israéliens. Comme les marxistes antisionistes en quête de substituts de la cause prolétarienne (Palestiniens, migrants, musulmans), Ramadan se félicite, le 21 mai 2004, de voir que « la cause palestinienne est un combat qui devient universel ».  

L’islamo-gauchisme tel que vous l’aviez théorisé a fini par muter ?
P.-A.T. : Ce qui m’a convaincu de l’émergence du phénomène islamo-gauchiste, ou plus précisément de son importance inédite et de sa nouvelle signification (car il avait une préhistoire idéologique), ce sont les puissantes mobilisations internationales contre Israël dès le début de la seconde Intifada. En France, je me suis efforcé d’enquêter sur les grandes manifestations anti-israéliennes et pro-palestiniennes qui ont commencé début octobre 2000, où l’on pouvait observer  une alliance entre des organisations islamistes – comme le Hezbollah, le Jihad islamique et le Hamas – et des groupes d’extrême gauche – surtout  des trotskistes, mais aussi des anarchistes  et d’autres groupuscules « révolutionnaires », soudés par la diabolisation d’un ennemi commun, « le sionisme ». Cette mouvance hybride trouvait alors sa raison d’être dans des convergences idéologiques et des alliances stratégiques autour de ce que j’ai appelé l’« antisionisme radical » ou « absolu », dont l’objectif est la destruction d’Israël. Par ailleurs, le lancement, en janvier 2001, du premier Forum social mondial (FSM) sous le drapeau de l’altermondialisme (au slogan célèbre : « Un autre monde est possible ») a illustré à sa manière les convergences idéologiques entre les milieux d’extrême gauche les plus divers et certaines mouvances islamistes (Frères musulmans) ou islamo-nationalistes (notamment palestiniennes). Après avoir employé le terme dans diverses conférences en 2001, j’ai défini la notion d’islamo-gauchisme en 2002 dans La Nouvelle Judéophobie  (Fayard/Mille et une nuits) et plusieurs articles, puis dans Prêcheurs de haine en 2004 (ibid.) et dans La Judéophobie des Modernes, (Odile Jacob) en 2008.

« Théorie critique de la race » : je la considère comme une forme pseudo-antiraciste de racialisme militant.

Il s’agissait pour moi de mettre l’accent sur la forme principale du nouvel antisémitisme, la haine idéologisée des Juifs étant passée de l’extrême droite à l’extrême gauche, du nationalisme au nouveau gauchisme et du catholicisme intégriste à l’islam politique. J’étais alors proche de Jean-Pierre Chevènement et président de la Fondation du 2-Mars, incarnant un républicanisme de gauche.  C’est pourquoi, lorsque j’entends que le mot vient de « l’extrême droite », cela me fait beaucoup rire!  Je reconnais avoir hésité, il y a vingt ans, entre  les expressions « islamo-tiers-mondisme », « islamo-altermondialisme » et « islamo-progressisme », voire « islamo-communisme ». J’ai finalement opté pour « islamo-gauchisme », le mot « gauchisme » ayant pour référence toutes les mouvances de l’extrême gauche. Certes, pour éviter les mésinterprétations du terme, j’aurais pu proposer « islamismo-gauchisme ». Mais, à l’époque, compte tenu du contexte de mes emplois du terme, je croyais qu’il était évident que le préfixe « islamo- » renvoyait à l’islamisme et non à l’islam en général. J’ai certainement péché par naïveté et sous-estimé la malignité et la malveillance des adversaires pervers, ces inquisiteurs d’une imagination débordante en quête d’« amalgames » et d’indices d’« islamophobie » qu’ils ne cessent d’inventer.   

Il faut souligner cependant que le sens du terme s’est transformé avec l’évolution de l’extrême gauche, qui, à partir du milieu des années 2000, a basculé progressivement dans le décolonialisme et un pseudo-antiracisme racialiste dont, en France, le Parti des Indigènes de la République est la plus claire expression mais dont on trouvera plus tard des échos dans la direction de La France Insoumise, notamment chez Jean-Luc Mélenchon, Éric Coquerel, Clémentine Autain et Danièle Obono (proche de Houria Bouteldja, l’égérie des Indigènes de la République). Aujourd’hui, les trotskistes d’hier s’étant massivement convertis au décolonialisme, il faudrait parler d’islamo-décolonialisme. J’ai analysé cette récente transformation dans L’Islamisme et Nous (CNRS Éditions, 2017) et L’Imposture décoloniale. Science imaginaire et pseudo-antiracisme (L’Observatoire, 2020).   

Il faut donc distinguer deux formes idéologiques successives de ce que j’ai appelé il y a vingt ans l’islamo-gauchisme, et ce, en raison de l’évolution de l’extrême gauche en Europe de l’Ouest. Au début des années 2000, l’islamo-gauchisme, tel que je l’ai alors défini, se présentait comme une alliance militante entre des groupes marxistes, surtout trotskistes, et des groupes islamistes, associés sur la base de l’anti-impérialisme et de l’antisionisme qu’ils partageaient. Mais, par la suite, l’extrême gauche ou la gauche de la gauche (ou, pour aller vite, le gauchisme) a changé de matrice idéologique. Comme je l’ai déjà pointé, nombreux sont les révolutionnaires marxistes, notamment trotskistes, qui, au cours des années 2005-2020, se sont ralliés au décolonialisme, à l’intersectionnalisme, à un féminisme radical misandre (c’est-à-dire le « second sexisme » qui, alimenté par la prétendue « théorie du genre », incite à la haine du « mâle blanc hétéro ») et à la « théorie critique de la race », que je considère comme une forme pseudo-antiraciste de racialisme militant. C’est dans cette nouvelle configuration idéologique que se développe aujourd’hui, en France et en Grande-Bretagne sur le modèle des États-Unis et du Canada, l’activisme « woke » et la « cancel culture », qui nourrissent un hyper-moralisme ou un puritanisme pseudo-antiraciste travaillant à la destruction de notre histoire et de notre haute culture.

Il faut bien sûr distinguer analytiquement les alliances politiques explicites entre islamistes et gauchistes du vaste mouvement d’opinion islamophile, voire islamismophile, observable à l’extrême gauche. À quelques exceptions près, les mouvances gauchistes, mais aussi une partie de la gauche, sont passées, face à l’islam politique, de l’indulgence à la complaisance, et de celle-ci à la connivence, voire à la complicité à travers diverses alliances. Après le lancement de la seconde Intifada et le 11-Septembre, la rupture entre la gauche républicaine anti-islamiste et la gauche radicale  antisioniste (et anti-système) s’est manifestée de diverses manières dans le champ politique. Au cours des années 2010, elle a tourné à l’affrontement à la suite des attentats jihadistes sur le sol français, illustrés par les attaques meurtrières de Mohammed Merah en mars 2012 et le massacre commis en janvier 2015 dans la rédaction de Charlie Hebdo. Les islamo-gauchistes se sont ralliés à la stratégie rhétorique des islamistes, qu’on peut résumer par cette formule : « Plus les jihadistes tuent, et plus l’islamophobie doit être dénoncée. » L’appel islamiste à la « lutte contre l’islamophobie » est devenu le thème le plus mobilisateur dans les milieux islamo-gauchistes, pour entrer en synthèse avec le pro-palestinisme victimaire toujours attractif.
La « lutte contre l’islamophobie », présentée par les stratèges culturels islamistes comme la principale forme de la lutte antiraciste aujourd’hui, a donc joué le rôle d’un cheval de Troie pour conquérir la gauche et surtout l’extrême gauche. Les islamistes ont réussi d’abord à imposer le mot « islamophobie » – ce dont se réjouit la décoloniale Houria Bouteldja –, ensuite à diffuser la vision victimaire du musulman discriminé et « racisé », enfin à convaincre une grande partie de  la gauche que la société française était intrinsèquement raciste (infectée par un « racisme d’État » et un « racisme systémique ») et que le « racisme anti-musulman » était le racisme à combattre prioritairement. Cette partie de la gauche, supposée laïque, s’est ainsi trahie elle-même, au point de ne plus être choquée, lors des manifestations islamo-gauchistes qui se sont multipliées en France depuis l’automne 2000, par les « Allahou akbar » et les « mort aux Juifs ! ».    

Cette vision anti-islamophobe du monde est d’autant plus séduisante pour l’extrême gauche qu’elle entre en synthèse avec l’immigrationnisme et le sans-frontiérisme, ces deux piliers de la gnose gauchiste contemporaine.

Quelles sont les interprétations de la notion d’islamo-gauchisme que vous jugez discutables ?
P.-A.T. : La première interprétation abusive de l’islamo-gauchisme est d’ordre polémique, et se rencontre chez ceux qui veulent illégitimer la notion. Elle consiste à croire ou à faire semblant de croire que, dans le mot composé, le « segment « islamo- » signifie djihadisme ou terrorisme islamiste. Il n’en est rien, du moins dans ma perspective, même s’il est vrai que des partisans ou des défenseurs du jihadisme peuvent se glisser dans les groupes militants qui, se réclamant d’une forme politique de l’islam (Frères musulmans ou salafistes), font alliance avec des mouvances ou des partis gauchistes, à travers des pétitions ou des manifestations, au nom de la cause palestinienne, de la « lutte contre l’islamophobie » ou du combat contre « l’impérialisme » ou le « néo-libéralisme ».

La deuxième interprétation fallacieuse est avancée par ceux qui nient l’existence même du phénomène islamo-gauchiste, y voyant une fiction inventée par « l’extrême droite », entité diabolique qu’ils ne définissent jamais. Cette posture néo-négationniste ou « inexistentialiste » (expression ironique que j’emprunte à Marcel Gauchet) revient à vouloir garder les yeux grands fermés sur des convergences idéologiques, des séductions réciproques et des alliances politiques pourtant observables dans l’espace public. Comment peut-on, par exemple, nier l’existence de cette organisation islamo-gauchiste qu’est le Parti des Indigènes de la République et celle des réseaux décoloniaux internationaux dans lesquels il s’insère ?  

La troisième interprétation fallacieuse se rencontre dans le discours de ceux qui font mine de discerner des relents de « complotisme » dans l’expression « islamo-gauchisme », afin de la disqualifier. Des activistes ou des intellectuels pressés, certains stupides, incultes et de bonne foi, d’autres intelligents et de mauvaise foi, rapprochent l’expression descriptive « islamo-gauchisme » d’expressions complotistes classiques comme « judéo-maçonnisme » ou « judéo-bolchevisme ». Ayant consacré de nombreuses études historiques et critiques à ces récits complotistes, je suis bien placé pour dénoncer là un grossier amalgame polémique destiné à nier une réalité idéologico-politique gênante.
Prenons l’exemple du « judéo-bolchevisme ». Lorsqu’elle s’est diffusée, au début des années 1920, dans certains milieux anticommunistes et antisémites, l’expression « judéo-bolchevisme » signifiait que le bolchevisme était un phénomène juif et que les bolcheviks étaient en fait des Juifs (ou des « enjuivés »). C’est la thèse d’Alfred Rosenberg et de Dietrich Eckart dès 1919, reprise par Hitler à partir du printemps 1920.  Il n’en va pas de même avec l’expression « islamo-gauchisme », qui ne signifie pas que le gauchisme est un phénomène musulman ni que les gauchistes sont en fait des islamistes. L’expression ne fait qu’enregistrer un ensemble de phénomènes observables, qui autorisent à rapprocher gauchistes et islamistes : des alliances stratégiques, des convergences idéologiques, des ennemis communs, des visées révolutionnaires partagées, etc., et ce, sans postuler l’existence d’un complot, puisque les acteurs comme leurs comportements sont socialement visibles. En outre, l’analogie historique trompeuse présuppose que les musulmans sont traités aujourd’hui comme l’ont été les Juifs dans les années 1930, en particulier en Allemagne. Thèse insoutenable, relevant de la plus grossière propagande victimaire.  

La quatrième interprétation abusive de l’islamo-gauchisme, cette fois chez ceux qui l’utilisent comme une arme dans le combat intellectuel et politique, consiste à placer sous cette étiquette un ensemble flou de tendances idéologiques, de positions ou de projets politiques, dans lequel on trouve notamment le communautarisme, le multiculturalisme, l’identitarisme, le rejet de la laïcité, etc. C’est là trop charger la barque, au point de rendre la notion confuse et son usage contre-productif.    

On peut enfin, – et c’est la cinquième interprétation discutable mais intéressante – voir dans l’islamo-gauchisme l’une des formes prises par la « religion de l’Autre », par ce culte de l’altérité qui tient lieu de foi religieuse pour ceux qui n’en ont pas ou plus. On peut y voir l’une de ces nombreuses idées chrétiennes devenues folles. Cette religion de l’Autre est fondamentalement victimaire et, après s’être fixée sur l’immigré et le Palestinien, a érigé le Musulman en victime maximale. La préférence pour l’Autre est ainsi devenue la préférence pour le Musulman supposé victime de l’islamophobie « systémique ». C’est là une grande victoire idéologique et rhétorique remportée par les propagandistes islamistes. La xénophilie victimaire s’est transformée en islamophilie militante. 
Cette vision anti-islamophobe du monde est d’autant plus séduisante pour l’extrême gauche qu’elle entre en synthèse avec l’immigrationnisme et le sans-frontiérisme, ces deux piliers de la gnose gauchiste contemporaine, qui postule que le monde comme il va est intrinsèquement mauvais et qu’il faut donc le détruire, en commençant par effacer les frontières et supprimer le contrôle de l’immigration. L’ethnocentrisme négatif, c’est-à-dire la haine et le mépris (ou le dégoût) de soi, trouve aujourd’hui sa traduction politique dans les mouvements s’inspirant du décolonialisme, de l’intersectionnalité et de la « théorie critique de la race ».

Au-delà de la déconstruction et de la décolonisation des savoirs, la destruction des nations est au programme, tout comme le rejet de l’héritage chrétien et de celui des Lumières, réduits à des expressions haïssables de la « pensée blanche » ou de l’universalisme « blanc ». L’islamo-gauchisme s’inscrit dans cette nouvelle configuration idéologique qui bénéficie d’un effet de mode.      

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Islamo-gauchisme et université : quand les censeurs crient à la censure

Valérie Toranian

revuedesdeuxmondes.fr, FÉV 22, 2021

Inquiète de la progression de l’islamo-gauchisme au sein de l’université, la ministre Frédérique Vidal a décidé de confier une enquête au CNRS. Depuis elle subit les tirs de barrage d’une partie des enseignants et chercheurs ainsi que de représentants de la gauche et de l’extrême gauche, qui s’indignent de méthodes « maccarthystes ». On veut « censurer ». On veut tuer la liberté académique. Et surtout, argument suprême, « l’islamo-gauchisme » n’aurait, selon les détracteurs de la ministre, aucune réalité « scientifique ».

L’islamo-gauchisme existe

Les cris indignés des pétitionnaires qui demandent la démission de Frédérique Vidal n’y changeront rien. Dans un numéro de la Revue des Deux Mondes d’octobre 2018, consacré à la définition de l’islamo-gauchisme, Christophe Bourseiller, spécialiste de l’extrême gauche, rappelait que le ver était dans le fruit dès l’origine. Lors du congrès de l’Internationale communiste de 1920 à Bakou, il fut théorisé « que les groupes révolutionnaires ont pour objectif principal de se fondre dans les masses pour mieux les orienter. Si celles-ci deviennent islamistes […], les marxistes doivent leur apporter un “soutien critique” ».

Voilà pourquoi l’extrême gauche a soutenu la révolution islamique anti-démocratique, anti-femmes, anti-laïque de l’Ayatollah Khomeini en Iran en 1979. Le soutien à la cause islamique a d’ailleurs perdu toute « fonction critique » pour s’aligner au fil du temps sur un positionnement anticapitaliste, anti-occidental, anti-laïque. Et anti-israélien. Le travail que produit sur ce sujet depuis près de trente ans l’universitaire Pierre-André Taguieff est éloquent. C’est lui qui popularisera le terme d’islamo-gauchisme en désignant ainsi la terrifiante collusion entre trotskystes et islamistes (Hamas, Jihad islamique, Hezbollah) notamment lors d’une manifestation d’octobre 2000 où l’on entendit scander le slogan « Mort aux Juifs »…

« L’islamo-gauchisme moderne est l’expression d’une alliance entre une gauche dévoyée ayant oublié depuis belle lurette que la religion est l’opium du peuple et les nouveaux « opprimés » que constituent à ses yeux les masses musulmanes, nouveau prolétariat fantasmatique. »

L’islamo-gauchisme moderne est l’expression d’une alliance entre une gauche dévoyée ayant oublié depuis belle lurette que la religion est l’opium du peuple et les nouveaux « opprimés » que constituent à ses yeux les masses musulmanes, nouveau prolétariat fantasmatique. L’incarnation parfaite en fut longtemps le duo Edwy Plenel et Tariq Ramadan, alliance du trotskisme et de l’islam politique des Frères musulmans, trop heureux d’avoir trouvé dans les idiots utiles du gauchisme des amis défendant le totalitarisme islamique, le relativisme culturel et l’abandon de la laïcité et des droits des femmes.

L’islamo-gauchisme existe bel et bien. Six Français sur dix estiment que c’est un courant de pensée répandu en France (sondage Ifop-Fiducial pour CNEWS). L’entrisme de l’islam politique a été détaillé par Gilles Kepel, Hugo Micheron, Jean-Pierre Obin et tant d’autres. Il n’y a que les pétitionnaires du Monde (dont aucun ne travaille sur l’islam) pour dire que c’est une vue de l’esprit.

L’islamo-gauchisme est-il un concept flou ?

Il est juste de dire que l’islamo-gauchisme est un concept qui embrasse large et manque de précision. Mais alors que dire des concepts de « racisme systémique », « racisme d’État », « privilège blanc », « racisé », « sexisé », « féminisme islamique »… qui n’ont aucun fondement scientifique ? Sans parler de l’« islamophobie » que l’islam politique a réussi à faire passer pour un nouveau délit de racisme, transformant la critique de la religion en crime, rétablissant de fait le délit de blasphème. Le tout avec les félicitations de la France insoumise et autres extrémistes défilant le 10 novembre 2019 « contre l’islamophobie », aux côtés de militants scandant « Allahu akbar ».

« L’université est travaillée par l’islamo-gauchisme, c’est indubitable. Mais elle est surtout largement soumise à un radicalisme militant décolonial qui englobe, dépasse et transcende l’islamo-gauchisme. »

Les sciences humaines et sociales regorgent de recherches sur des concepts flous, souvent copiés-collés de la production des universités américaines. Il ne s’agit pas de les disqualifier en bloc : le rôle de l’université est aussi d’étudier ces mouvements et courants de pensée qui traversent l’époque. Y compris l’islamo-gauchisme, le genre, le féminisme, la colonisation, le racisme. Le problème n’est pas de les étudier mais d’appréhender ces domaines en vertu d’une seule et même vision décoloniale/néoféministe/différencialiste. Le problème est de construire une doctrine totalisante et de discréditer tous ceux qui ne partagent pas cette idéologie. Il est impossible aujourd’hui d’étudier l’esclavage autrement que comme méfait de la colonisation blanche ; les traites négrières arabes ou l’asservissement des peuples conquis par l’empire ottoman ne rentrent pas dans la grille idéologique anti-occidentale : ils sont donc considérés comme « hors-sujets ».

L’université est travaillée par l’islamo-gauchisme, c’est indubitable. Mais elle est surtout largement soumise à un radicalisme militant décolonial qui englobe, dépasse et transcende l’islamo-gauchisme. Dans une même détestation du camp occidental, universaliste et « blanc ». Dommage que Mme Vidal se soit contentée de cibler l’islamo-gauchisme et n’ait pas décoché une flèche plus large.

Le CNRS est-il légitime pour faire cette enquête ?

Non et c’est toute l’incohérence de cette décision. Comme l’écrit Pierre-André Taguieff, « le P.-D.G. du CNRS, Antoine Petit, protecteur des études postcoloniales et défenseur de la “théorie critique de la race”, paraît fort mal placé pour favoriser une telle enquête et en garantir l’impartialité. Rappelons les positions qu’il a prises en novembre 2019 dans l’avant-propos qu’il a rédigé, en écriture inclusive, pour un méchant ouvrage collectif rassemblant des auteurs postcoloniaux et décoloniaux : “La ‘race’ devient la nouvelle grille de lecture du monde sur laquelle s’intègre la grille du genre, et qui s’articule à la hiérarchie homme/femme […]. Dans une société non métissée, le social et le genre dominent, mais dans l’espace interracial, le social s’efface derrière le racial.” »

« Combien de présidents et de recteurs se soumettent lâchement à la pression de syndicats ou d’associations d’étudiants qui veulent imposer leur vision du monde ? »

La ministre s’est mise toute seule dans une impasse. Si le CNRS, à l’issue de son enquête, conclut qu’il n’y pas de problème d’islamo-gauchisme, que dira la ministre ? Qu’elle avait tort ? Or, elle n’avait pas tort. Qu’elle s’est trompée d’organisme à qui confier l’enquête ? Certains pensent qu’il aurait mieux valu nommer le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES), institution indépendante, qui a pour rôle d’apprécier la qualité des savoirs enseignés et non de contrôler leur orientation. Mais il y a fort à craindre que la polémique ne s’éteigne pas pour autant. L’université est jalouse de sa liberté et toute tentative de contrôle de la qualité des enseignements, même légitime, sera dénoncée comme une entrave.

Doit-on contrôler la liberté académique ?

Certainement pas, en revanche il importe de la faire respecter. Or, contrairement à ce que veulent nous faire croire les défenseurs de la liberté académique qui hurlent contre un nouveau « maccarthysme », l’université ne respecte plus cette liberté. Et ceux qui protestent contre la censure n’ont aucune honte à l’exercer en permanence, en discréditant ou en diabolisant toute parole qui n’entre pas dans la grille idéologique islamo-décoloniale. (Le fait de refuser tout débat autour de l’islamo-gauchisme en dit d’ailleurs long sur leur vision du pluralisme.)

Combien de présidents et de recteurs se soumettent lâchement à la pression de syndicats ou d’associations d’étudiants qui veulent imposer leur vision du monde ? Sylviane Agacinski a été interdite d’accès à une conférence parce qu’elle ne défendait pas la PMA. Alain Finkielkraut a été empêché d’accès à l’amphithéâtre de Sciences Po (son intervention fut finalement reprogrammée). On censure Les Suppliantes d’Eschyle, etc. A contrario, Rokhaya Diallo, militante racisée décoloniale, a portes ouvertes dans les universités, tout comme Lilian Thuram, défenseur de thèses essentialistes sur la culpabilité de l’homme blanc. Nul ne s’y oppose. Et tant mieux. Mais il est scandaleux de limiter ou d’interdire l’accès de l’université à ceux qui défendent l’universalisme, la République, le féminisme, la laïcité. Il est insupportable de les cataloguer comme réactionnaires, suprématistes blancs, racistes, néo-colonialistes.

« L’université ne doit plus être l’otage d’un militantisme radical déguisé en enseignement pseudo-scientifique. »

L’université en a connu d’autres. Elle a toujours été à la fois à l’avant-garde et à la remorque des modes. Elle fut marxiste à l’époque marxiste, maoïste à l’époque maoïste, constructiviste à l’époque constructiviste… Ses présidents, sauf exception, n’ont jamais fait montre d’un grand courage pour s’opposer à la pensée dominante du moment. C’est toujours le cas. Une chose pourtant a changé. Ceux qui s’opposaient à l’emprise des études marxistes en histoire dans les années soixante ne finissaient pas égorgés. Aujourd’hui le corps enseignant paye cher son courage lorsqu’il s’oppose à l’influence grandissante de l’islam politique au sein de l’éducation.

Comment faire respecter une vraie liberté académique et limiter l’emprise islamo-gauchiste et décoloniale sur l’université ?

On ne peut pas lutter pour la liberté d’expression et prôner le contrôle des savoirs au sein de l’université. Mais on ne peut pas non plus se résoudre à accepter cette défaite de la pensée intellectuelle que constitue le réel impact de l’islam politique et de la pensée décoloniale qui honnit la République, la laïcité, l’universalisme et les droits des femmes. Les protecteurs de l’islamo-décolonialisme s’abritent derrière la liberté académique ? Retournons-la contre eux.

Comme souvent dans notre pays, il suffirait d’avoir le courage de respecter ce que nous permet la loi pour contrer cette offensive dont il ne faut en aucun cas minimiser l’importance. Les portes des universités doivent s’ouvrir à la pluralité, les présidents des universités doivent arrêter de s’abriter derrière le « pas de vague » et « pas de critique de la gauche ». Ils doivent être fermes contre les tentatives de non-mixité, d’interdiction de certaines activités aux Blancs, de censure des œuvres littéraires et artistiques. Et si la liberté académique est visiblement bafouée, il ne faut pas hésiter à saisir le Procureur de la République. Que la justice s’en mêle.

Enfin, ne faut-il pas plus de transparence sur les fonds publics alloués à la recherche dans les sciences humaines et sociales ? Où va l’argent ? Qui décide ? Comment se cooptent les membres des conseils qui tiennent les cordons de la bourse ? Quels types de recherche sont favorisés par les institutions européennes, gros contributeurs aux allocations à la recherche ? Les enquêtes ne manquent pas qui pourraient déciller les yeux de ceux qui continuent de se complaire dans le déni et le « pas de vague ».

L’université ne doit plus être l’otage d’un militantisme radical déguisé en enseignement pseudo-scientifique.

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Aperçu de l’actualité

 

Israël, Chypre et la Grèce signent un protocole d’accord pour relier les réseaux électriques des trois pays

i24NEWS,

Le câble le plus long et le plus profond du monde pourra transporter une puissance de près de 2.000 mégawatts

Israël, Chypre et la Grèce ont signé lundi un protocole d’accord à Nicosie pour la pose d’un câble électrique sous-marin Euro-Asie qui permettra de relier les réseaux électriques des trois pays.

La liaison sera installée en mer Méditerranée sur environ 1.500 km et à une profondeur maximale de près de 2.700 mètres.

Le câble électrique le plus long et le plus profond du monde – reliera les réseaux électriques d’Israël, de Chypre et de la Grèce et pourra transporter une puissance de 1.000 à 2.000 mégawatts, a indiqué le ministère israélien de l’Energie dans un communiqué.

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De nouvelles preuves: l’Iran est réellement impliqué

De nouvelles preuves de l’implication iranienne dans la pollution au goudron

Une société privée, qui surveille le mouvement des pétroliers, a fourni au ministère de l’Environnement des informations qui renforcent l’information selon laquelle la source de la pollution provient d’un navire qui a quitté Téhéran.

De nouveaux détails ont été révélés aujourd’hui (jeudi) concernant l’itinéraire du pétrolier Emerald, ce qui renforce les preuves que la source du pétrole brut qui a pollué les côtes d’Israël se trouve en Iran.

Une inspection réalisée par TankerTrackers et remise au ministère de la Protection de l’environnement montre que le pétrolier Emerald, source de la grave pollution au large des côtes d’Israël, a été documenté le 17 janvier au large de l’île iranienne de Kharag dans le golfe Persique. On estime que dans cet amarrage, le pétrolier a chargé du pétrole brut iranien qui a finalement atteint les côtes d’Israël.

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«Retrouver la vie d’avant» : premier concert pour spectateurs vaccinés à Tel-Aviv

Le Figaro.fr,  06/03/2021

Les 500 spectateurs ont dû présenter un certificat du ministère israélien de la Santé prouvant qu’ils avaient reçu les deux doses de Pfizer-BioNTech.

Plusieurs centaines de personnes ont assisté vendredi à un concert en plein air organisé par la mairie de Tel-Aviv, premier d’une série de performances musicales organisées pour les personnes vaccinées contre le coronavirus. Dansant et portant des masques de protection, environ 500 spectateurs enthousiastes ont assisté dans les gradins clairsemés du stade de football Bloomfield à la performance du chanteur de pop israélien Ivri Lider.

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